| Johanne Hauber-Bieth |
| Emotion marine |
| L'écume ourle, légère, allègrement les flots Au col du manteau bleu de la mer qui balance, Câlinant le rivage avec sa rutilance Puisée au soleil d'or dardant ses javelots. Les voiliers au lointain sont en pleine paresse Etirant leur douce aile afin de capter l'air… Mais l'heure la plus chaude en ce jour de ciel clair Offre un vent dont le souffle est simplement caresse. Les mouettes en vol planent sans grande ardeur… Oubliant de lancer leur rire sarcastique, - En ne se livrant plus qu'à leur seule tactique - Pour piquer d'un seul coup sur un crabe rôdeur. J'aime tant les soupirs de la plage déserte Dans la torpeur du jour du beau pays breton, Les vagues de la mer ayant alors le don De parler à mon âme en voix tendre et diserte! |
| En cueillant le jour (ou “Le dit du poète”) |
| C'est en cueillant le jour que je teinte mes vers, D'une joie au doux pleur délivré sans encombre, Quand s'offre le matin, libéré de ses fers, Le cœur empli d'espoirs qu'il enlace à tout rompre. D'une joie au doux pleur délivré sans encombre, Sous ma plume exaltée ils paraissent divers. Le cœur empli d'espoirs qu'il enlace à tout rompre, Mon luth sait tressaillir, même avec ses travers… Sous ma plume exaltée ils paraissent divers, Je les ourle avec feu des lueurs où tout sombre; Mon luth sait tressailir, même avec ses travers, Aux élans de mon âme, étonnants par leur nombre! Je les ourle avec feu des lueurs où tout sombre Pour chasser une angoisse aux méandres pervers… Aux élans de mon âme, étonnants par leur nombre, Les muses tout à coup ignorent tout revers! Pour chasser une angoisse aux méandres pervers, Au bouquet de l'aurore, à la fois clair et sombre, Les muses, tout à coup, ignorent tout revers, Effaçant de la nuit la traîne en franges d'ombre. Au bouquet de l'aurore, à la fois clair et sombre, Tandis qu'un soleil rouge embrase l'univers Effaçant de la nuit la traîne en franges d'ombre, C'est en cueillant le jour que je teinte mes vers! |