Georgina Mollard
 
A te dire…
 
A te dire j'ai tant de choses:
L'aube est morne et le ciel obscur.
Les oiseaux au sommet du mur
Ne chantent plus parmi les roses.
Les jours sont devenus moroses;
Que puis-je attendre du futur?
A te dire j'ai tant de choses,
L'aube est morne et le ciel obscur.
Porte et fenêtres restent closes,
Plus rien dans le pays n'est sûr;
Jusqu'à l'air qu'on respire impur
Et mon âme à mille ecchymoses…
A te dire j'ai tant de choses!
 
 
Triste histoire…
 
Les feuilles comblaient le fossé,
C'était un signe symbolique;
Lorsque l'ouragan est passé,
Le parc devint mélancolique.
Puis, l'élagueur étant pressé,
Ce fut un instant dramatique!
Il confondit l'arbre classé
Avec le petit rachitique…
Et quand le rameau fut cassé,
D'un geste bref et colérique,
Le rossignol qu'on a chassé
Mit la triste histoire en musique!
 
 
Quand l'automne s'enfuit
 
Vers l'horizon de couleur fauve
Du bel automne qui s'enfuit,
Le jour sort des bras de la nuit,
Revêtu d'orange et de mauve.
L'hirondelle déjà se sauve,
Tandis qu'un vieil aigle la suit
Vers l'horizon de couleur fauve
Du bel automne qui s'enfuit.
Le vent secoue un verger chauve
Et fait tomber le dernier fruit;
Après un tour dans la guimauve,
Il s'en va sans faire de bruit
Vers l'horizon de couleur fauve.