| Emilie Dubrunquez |
| Veillée |
| Un orme dans le noir, sévère lansquenet, De son habit rugueux me frôle et se dessine. Je guide les vaisseaux de la souple glycine Le long du treillis clair fermant le jardinet. Sur l'écran gris du ciel, le vol d'un martinet Esquisse des cerceaux; la lune vaticine, S'entoure d'un halo tirant sur la fuchsine. Surgi de l'ombre bleue, un chat me reconnaît. Le jour s'est rétréci car la nuit le dévore… Un souvenir troublé, dans ma tête, se fore Le chemin douloureux d'un regret, d'un désir. Demain, écraserai-je une ultime phalène, Redonnant à mon bois, la chance de choisir, Au cœur de la forêt, mes vœux de châtelaine? |