| Claude Gauthier |
| Jeux floraux |
| Parle encore à mon cœur, ô Renaissance exquise, Retrouvés paradis où notre âme conquise Y vient solliciter bellement le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi! Il plaisait au poète en odes généreuses, De couronner leurs chants de rimes savoureuses, Dont la métamorphose exalte le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi! De ces temps précieux demeure la mémoire, Somptueux, de travaux confiés à l'histoire, Hommage des Amours que parent le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi! Notre monde, aujourd'hui, prend un masque farouche Et sa vaine disgrâce, effrontément nous touche, Mais faut-il ignorer pour autant le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi? L'esprit tout à notre art, gardons-en la manière Aèdes, troubadours, son humeur printanière, Vivant du plein désir d'honorer le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi? “ Poème, redis-nous, de quête bienfaisante, Les mots dont Polymnie, en muse complaisante Diffuse les parfums qu'exhalent le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi”! Renouvelons l'instance et fier, le témoignage De ces joutes d'antan à l'inspiré langage. Qu'au nom des Jeux Floraux demeurent le souci, L'églantine, l'œillet, la violette aussi! |