Bernard Martinet
 
Au seuil de mon ennui
 
Au seuil de mon ennui s'amarre le silence
À l'heure où l'horizon s'abîme sur les flots;
Le soir voit le réveil de nombreux matelots
Cependant que le port quitte sa somnolence.
Du vieux cotre ventru s'échappent en cadence
Les spectres bondissant d'innombrables ballots,
Les éclairages flous sont autant de falots
Disséminés au sein d'une nuit qui commence.
La lune au reflet pâle émerge du néant,
Visage globuleux d'un astre fainéant
Troublé par les ébats de ce monde fantasque.
Les étoiles au ciel, le sourire moqueur,
Acceptent par plaisir de retirer leur masque
Pour lire au fond de moi les secrets de mon cœur.