| Arlette Jacques |
| Tristesse |
| Triste est mon cœur, petite étoile, Au front chenu du vieux cyprès, Qui vit s'enfuir tous les secrets, De mes yeux clos figés d'un voile! Sur ma lyre une ombre dévoile, L'oiseau banni de mes regrets, Triste est mon cœur, petite étoile, Au front chenu du vieux cyprès. L'hiver emprisonne la toile, Du carillon bleu des forêts, Et le chevreuil pris dans les rets, De peur frémit jusqu'à la moelle, Triste est mon cœur, petite étoile. |
| A Lison |
| Frissonne sous mes caresses, Ma Lison aux seins menus, Dans les draps de mes ivresses. Tes yeux pleins de ces tendresses, Sont pour moi deux fils ténus, Frissonne sous mes caresses. Mon cœur s'amarre à tes tresses, Et j'étreins tes fruits charnus, Dans les draps de mes ivresses. Tu te ris de mes détresses, De mes propos saugrenus, Frissonne sous mes caresses. Mes mains se feront tigresses, Sur tes charmes ingénus, Dans les draps de mes ivresses. Ne songe plus aux paresses, Sous d'autres cieux inconnus, Frissonne sous mes caresses, Dans les draps de mes ivresses! |