Glossaire
Allégorie Récit
de caractère symbolique ou allusif. En tant que narration, elle est un enchaînement
d’actes; elle met en scène des personnages (êtres humains, animaux, abstractions
personnifiées) dont les attributs et le costume, dont les faits et les gestes
ont valeur de signes, et qui se meuvent dans un lieu et dans un temps qui sont
eux-mêmes des symboles. La métaphore continue engendre l’allégorie.
Allitération Répétition
de consonnes, notamment des consonnes initiales. Par exemple:
Le
père Pablo partit pour Paris pour pouvoir pêcher plusieurs petits poissons.
Amuïr (s’) Verbe
pronominal. En phonétique: devenir muet, ne plus se prononcer.
Apocope Du
grec apo, de, hors, et koptô, je coupe. Appelée aussi troncation: chute d’un phonème,
d’une ou plusieurs syllabes à la fin d’un mot. Par exemple: télé pour télévision,
mat pour matin, etc. L’apocope est à éviter dans les vers classiques.
Arsis Voir
sous ictus.
Assonance Homophonie de la
voyelle finale accentuée du vers ou de la phrase. Par exemple: ombre - tondre.
L’assonance n’est pas tolérée en poésie classique, un exemple de fausse rime connu de tous: Au clair de la lune,
Prête-moi ta plume... ou encore:
Sur
ce pré qu’il faut tondre...
Apparaît
la grande ombre...
Césure Du
latin coesura, coupure. La césure
prosodique est fixe. Dans l’alexandrin classique, elle tombe après la 6e
syllae, dans le décasyllabe classique, après la 4e syllabe. Voir
aussi hémistiche.
Crase Du
grec krasis, mélange, confusion. La
crase , ou contraction, c’est la fusion de deux voyelles en une, comme Laon que l’on prononce Lan ; paon, faon,
Caen, que l’on prononce pan, fan,
Can. C’est aussi du, pour de le ; des
poour de les ; au pour à le,
et aux pour à les.
Diérèse Un
mot est dit en diérèse lorsqu’il comporte une diphtongue qui doit être prononcée
en deux temps et, par conséquent, compte pour 2 pieds.
Exemples : ca-pri-ci-eux, dé-fi-ni-ti-on,
li-er, vi-o-lon, a-ca-dé-mi-ci-en.
La
règle des diérèses est le fondement même de la versification, en ce sens
qu’elle détermine le nombre de pieds d’un vers. Comme un poète classique ne
peut apprendre d’un coup tous les mots de la langue française qui sont en
diérèse ou synérèse, vous trouverez sous le titre «Diérèses et Synérèses» une
liste précieuse.
Elision Non
prononciation d’un E muet suivi d’une voyelle.
Par ex.: «Bonne année».
Elodie Non
prononciation de la dernière syllabe se terminant par un E muet au singulier et
par un S ou ENT au pluriel, lorsque ceux-ci sont employés comme rimes (on dit alors
qu’il s’agit de rimes féminines).
Forme fixe Poème à forme fixe:
dont le nombre de vers, la disposition des rimes, la composition sont réglés.
Par exemple: le sonnet, la ballade, le rondeau, etc.
Hémistiche Du
grec hemisus, demi, et stichos, vers. Chacune des deux parties du
vers césuré, même si elles sont inégales, comme c’est le cas dans le décasyllabe
classique (voir chapitre La césure).
Hiatus Du
latin hiato, je baille. On appelle ainsi
le mauvais effet que produit à l’oreille l rencontre de deux voyelles, comme a-o,
a-i, i-a, i-é, i-ou, etc.
Homographe
Se dit des mots qui s’écrivent de la même manière.
Exemples: son (pronom personnel), son (bruit), son (péricarpe
du blé).
Homographes, mais non homophones: le couvent, elles couvent.
Homophone
: Se dit de lettres, de mots qui
ont la même prononciation.
F
et PH, eau et haut sont homophones.
Iambe : Pied
de vers grec ou latin, composé d’une brève et d’une longue.
Ictus : L’ictus
(ou thésis) est le coup frappé qui souligne le rythme. Il existe en musique comme
en poésie. Il est synonyme de temps fort ou thésis. Et comme un temps s’oppose
à son contraire et n’existe que s’il lui succède un fléchissement des valeurs sonores,
il implique immédiatement l’idée de temps faible ou arsis.
Métaphore : Procédé de style qui
confronte sans recourir à aucun signe comparatif explicite, l’objet dont il est
question, le comparé, à un autre objet, le
comparant, autrement dit le transfert de
sens par substitution analogique.
Exemple: Ta
gorge qui s’avance et qui pousse la moire,
Ta
gorge triomphante est une belle armoire
Dont
les panneaux bombés et clairs
Comme
les boucliers accrochent les éclairs
Métonymie : Figure
par laquelle un mot désignant une réalité A se substitue au mot désignant une
réalité B, en raison d’un rapport de voisinage, de coexistence, d’interdépendance,
qui unit A et B, en fait ou dans la pensée:
Exemple: A:
le sang = liquide nourricier de notre corps
B:
le sang = les facteurs héréditaires, les qualités d’une famille
La
métonymie amène à remplacer la mesure par le récipient:
Exemple: une
cuillère de café, au lieu d’une cuillerée de café,
ou
remplace par sa qualité abstraite la personne qui la représente:
Exemple: On
admire la jeunesse pour: on admire les jeunes gens,
ou
nomme la cause physique pour désigner l’effet moral:
Exemples: Quoique
les vins d’Orient ne soient pas bavards
Il
écrit d’une plume venimeuse (en parlant d’un écrivain)
ou
nomme la cause physique pour désigner l’effet physique:
Exemple: Avoir
une belle main (pour une belle écriture)
Phonème : Du
grec phônêma « son de voix». La plus
petite unité de langage parlé, dont la fonction est de constituer les
signifiants et de les distinguer entre eux. Phonème consonantique, vocalique,
oral, nasal, sourd, sonore. Le français comprend 36 phonèmes (16 voyelles et 20
consonnes).
Pied : A
l’origine: unité rythmique constituée par un groupement de syllabes d’une valeur
déterminée (quantité, accentuation). Le mot est utilisé aujourd’hui abusivement
mais couramment pour désigner la syllabe qui se prononce. Exemple :
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U- |
ne |
au- |
tre |
is- |
su- |
e |
é- |
troi- |
te |
a- |
è- |
re |
aus- |
si |
la |
grot- |
te |
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Un(e) |
autr(e) |
is- |
su(e) |
é- |
troit(e) |
a- |
èr(e) |
aus- |
si |
la |
grotte |
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Ce
vers a douze pieds, mais il contient dix-huit syllabes.
Prosodie : Caractères
quantitatifs (durée) et mélodiques des sons tant qu’ils interviennent dans la poésie. Règles concernant ces
caractères.
Rhèse : Partie
de la phrase dite dans un seul mouvement rythmique et mélodique.
Rime : La
rime se compose de 2 éléments:
1)
du dernier élément vocalique accentué
2)
des derniers éléments sonores qui peuvent le suivre.
Syllabe : Unité
phonétique fondamentale, groupe de consonnes et/ou de voyelles qui se prononcent d’une seule émission de voix.
Strophe : Ensemble
constitué par un nombre de vers limités, avec une disposition fixe des rimes et des mètres, et qui peut se
reproduire indéfiniment.
Synérèse
: (Appelée
également crase, ou contraction): un mot est dit en synérèse lorsqu’il comporte une diphtongue qui doit être
prononcée en une émission de voix et, par conséquent,
compte pour un 1 pied.
Exemples : com-bien,
dia-ble, che-va-lier, cieux, kio-sque.
Thésis : Voir
sous ictus.
Vers : Fragment
d’énoncé formant une unité rythmique définie par des règles concernant la quantité (vers mesurés, métriques),
l’accentuation ou le nombre de pieds. Communément:
une des lignes composant la strophe. La première lettre de chaque vers s’écrit toujours en majuscule.
Vers
blancs : vers
sans rime (donc non classiques).
Vers
boiteux : vers
qui n’a pas le nombre de syllabes voulu.
Vers
hétérométriques : vers
de longueur s différentes
(par
exemple: les fables de la Fontaine).