| Conseils pratiques |
| Conseils pratiques Les exemples suivants ne constituent pas des manquements aux règles prosodiques, mais des im-perfections nuisant à la finesse du style: • le bégaiement: répétition de plusieurs sons semblables: Exemple : Ici, les lapins peints ont des tons bis bizarres • le zézaiement: succession de liaisons obligatoires en S ou Z: Exemple: les zèbres affolés en zigzags éperdus • l’assonance (répétition d’une voyelle ou élément vocalique). Exemples: les petits cris du joli canari dès ce jour, leurs amours pour toujours • l’allitération (répétition d’une consonne). Exemple: ces six cent six serpents sifflent sans cesse • la ponctuation défectueuse, parfois négligée par les poètes dits «modernes» qui semblent oublier qu’elle fait partie de la langue française. La ponctuation judicieusement répartie est in-dispensable à la lecture correcte d’un poème. Quand elle est insuffisante, elle incite à lire votre oeuvre comme si l’on avait un train à prendre ou, pléthorique, découpe votre texte en frag-ments peu compréhensibles. Soyez aussi attentifs à l’abus fréquent des points de suspension. • le franglais: à bannir résolument d’un poème classique, et ceci pour deux raisons: - la prononciation par le lecteur des mots anglais francisés est souvent fantaisiste, ajoutant ou retranchant des pieds à des vers par ailleurs bien construits. - les poètes classiques français ont la charge de maintenir l’intégrité de leur langue et le devoir de ne pas la sacrifier aux modes et snobismes d’une époque! • le manque de concordance des temps de conjugaison: ce qui est évident dans la prose l’est moins en poésie classique où l’on néglige cette règle grammaticale pour satisfaire la rime. Dans cet exemple: J’aimais avec ardeur la tendre jouvencelle Et poursuivais ma cour sans que mon coeur chancelle», la concordance entre l’imparfait du subjonctif et l’imparfait de l’indicatif devrait être respectée, ce qui donnerait: «chancelât», et des vers qui ne riment plus. • la succession de mots courts, qui hachent le texte et nuisent à la mélodie. • l’utilisation d’apocopes: par exemple télé pour télévision, mat pour matin, etc. • la licence poétique: hormis les mots dont l’orthographe peut être modifiée en poésie, tels que: - encor pour encore devant une consonne ou à la rime, - penser pour pensée devant une consonne, - jusques, avecque, lorsqu’il manque un pied au vers, il faut se garder d’innover en cette matière, car la «licence poétique» ne doit pas déboucher sur une faute de français. La tournure: «....et nous force d’aimer», pour éviter l’hiatus « à aimer », n’est géniale que sous la plume de Lamartine ! |