Estivales terrasses
 

Et puis, encore une fois, le désir, lourd de chaînes
Embrasera mes sens. Du profond de mes veines,
L'orpheline tendresse ira quémander cet hasard
D'une accorte passante animant mon regard.

Je les inviterai, celle-ci, puis une autre,
A venir à ma table où s'épuise et se vautre
Mon être fatigué de ce jeu cabotin
Où j'attends un sourire éclairant mon destin.

Mutines dévoilant sous de minces jupettes
Les douces rondeurs et fines jambettes,
Elles vont grapiller dans la rue en touffeur
La caresse des yeux, ou l'hommage gaffeur.

A l'oeillade flatteuse, elles peuvent sourire,
Il arrive un beau jour une autre pour séduire
Et capter l'intérêt de ce mâle rêveur
Toujours prêt à goûter la volage faveur.

Alors on jasera sur ces terribles hommes
Qui ne sont, semble-t-il, que des cueilleurs de pommes
Auxquels l'Eve éternelle a sans arrêt tendu
Le seul fruit tentateur indûment défendu...