Bouteille à la mer
 

Un papier dans le verre, où luit un mot, un seul,
Aussi vaste et profond qu'une onde sans rivage,
Un je t'aime assoiffé, délirant et sauvage,
Un appel comme un cri dont la mer est linceul.

Me lira-t-elle un jour, l'âme soeur orpheline,
Nécessaire moitié de mon être imparfait,
Redonnant à ma vie un état de bienfait,
Mêlant au refrain sourd sa note cristalline?

Nous n'aurons rien à dire au-delà de nos yeux,
Partageant cet amour comme un pain de la terre.
Désormais l'âme en paix, à nouveau volontaire,
Je serai plus léger, rayonnant et joyeux.