Arrière-saison
 

Les algues perdent leurs cheveux,
La mer se ride au vent d'automne,
Quelque reflet parfois m'étonne
Sur les mâts nus, longs et nerveux.

Dans la cahute où s'amoncelle
Un tas d'habits vieux d'un été,
Le matin grince, épouvanté,
Au seuil d'un jour sans étincelle.

La grève pâle a ses charniers
De jouets bleus pris aux vacances.
Les goélands cherchant pitances
Hantent la plage en chiffonniers.

Un cargo file au bout du monde
Dans un sillon de copeaux blancs,
Du ciel d'orage, en traits cinglants,
Tombe un crachin qui fraîchit l'onde...